Portrait de Christian de Calvairac

Christian de Calvairac est né le 7 novembre 1947 à Castres, dans le Tarn (sud-ouest de la France).


L'œuvre de Christian de Calvairac est unique, tant par sa richesse, que par sa diversité. En cinq décennies il a suivi d'innombrables pistes picturales, exploré un nombre impressionnant de sujets et su continuellement se renouveler et réinventer sa peinture.

Commune à toutes ses périodes est sa force d'expression, sa maîtrise des couleurs et sa capacité d'utiliser les techniques les plus disparates. Il a superposé, mélangé et travaillé les matières les plus diverses, telles les huiles, les pigments, la terre, le plâtre, le bois, les plumes, le bitume, la colle ou le sable.

Christian de Calvairac n'est pas ce qu'on pourrait appeler un peintre " intellectuel ". Sa peinture est de nature " émotionnelle ". Ses tableaux ne sont que très rarement précédés par un croquis ou par une idée : ils naissent en général directement sous son pinceau, d'une façon spontanée et éruptive. Il peint et dessine sur tout support qui lui tombe sous la main: toile, papier, carton, bois, nappes, etc. Dans son œuvre on trouve des tableaux de la dimension d'un timbre poste et d'autres larges et hauts de plusieurs mètres. L'œuvre de Christian de Calvairac, qui compte plusieurs milliers de peintures et de dessins, est difficilement classable. Trois éléments reviennent toutefois souvent tout au long de ces cinq décennies : l'élément onirique, l'élément symbolique et l'érotisme.

La chronologie qui suit ne peut être qu'approximative et est loin de refléter l'intégralité et la complexité de son œuvre.

Les débuts dans la peinture

Christian de Calvairac commence à peindre en 1964 dès l'age de 17 ans. Parmi ses premières inspirations: deux affiches, une de Dalì et une de Picasso, qui ornent sa chambre et la rencontre avec Philippe Simon un peintre qui peint des paysages fantastiques. En 1968 il effectue son service militaire à Dakar au Sénégal dans les parachutistes de l'armée française. C'est d'ailleurs à Dakar en 1969 qu'il exposera ses premières oeuvres.

La période post-surréaliste

De retour en France il peint des paysages de type fantastique habités par des éléments érotiques. Il s'agit d'un travail extrêmement méticuleux, exécuté en huile sur toile, chaque tableau nécessitant un travail de plusieurs semaines. En 1971 il confie une trentaine de ces œuvres à Émanuelle Beaume, une galeriste française installée à Westport, New York. La galeriste s'étant par la suite envolée dans la nature, il n'existe malheureusement pas trace de ce travail. Elle sera arrêtée quelques années plus tard dans un palace de la Côte d'Azur, après avoir dissipé l'argent provenant de la vente de ces tableaux volés.

En 1973 Christian de Calvairac, part à la découverte du proche et moyen orient. Muni d'un simple petit sac de voyage, il traversera la Turquie, Israël, l'Iran jusqu'à atteindre l'Afghanistan. Cela ne l'empêchera pas de continuer à peindre. Il détache simplement les toiles de leur châssis et les transporte enroulés dans un tuyau en carton plastifié. Sur le chemin du retour il s'arrête à Lausanne. Les amitiés liées lors de ce premier séjour en Suisse le ramèneront dans ce pays à plusieurs reprises.

De retour à Paris, Christian de Calvairac explore plusieurs pistes toujours dans le domaine "surréaliste" , par exemple en écrivant un scénario de cinéma ("la septième fenêtre"). L'époque post-soixantehuitarde n'étant pas très propice à ces idées, ces essais ne seront toutefois pas couronnés de succès.

La période abstraite

En 1980 Christian de Calvairac revient en Suisse. Il s'agit d'une césure dans sa vie artistique. Il sent le besoin de se libérer de l'acribie de la peinture sur toile de sa période post surréaliste. C'est donc à Berne qu'il se lance dans l'abstrait et c'est dans cette ville qu'il peint la centaine de tableaux de cette période. Il en confiera près de 70 à Nancy Catin, une galeriste parisienne installée à Miami en Floride, avec la promesse d'une exposition aux États Unis. Elle disparaîtra sans laisser d'adresse avec tous ces tableaux. A l'heure actuelle ces œuvres, qui n'avaient malheureusement pas étés photographiées et répertoriées, n'ont toujours pas étés retrouvées.

La période symbolique

Tout en jouissant pleinement de la nouvelle liberté que lui conféré la peinture abstraite, Christian de Calvairac y ajoute bientôt de nouveaux éléments à caractère symbolique. Ces symboles ne sont toutefois pas simplement intégrés au tableaux: ils s'y superposent et paraissent flotter au dessus des tableaux en leur conférant une profondeur tridimensionnelle. C'est d'ailleurs de cette période que datent deux des tableaux les plus spectaculaires de Christian de Calvairac. Un des symboles, le triangle, s'affranchira même des tableaux en devenant la pyramide. La plus grande de ces Pyramides sera montrée en public à Berne lors d'une exposition personnelle dans la Galerie Hannah Feldman.

La période africaine

En 1982 Christian de Calvairac est de retour à Paris. Débute alors une de périodes les plus colorées de sa peinture : la période africaine. Inspiré par l'art africain il se lance dans une série de grands tableaux sur papier. Le passage de la période symbolique à la période africaine se fait en douceur. A coté des symboles, apparaissent peu à peu des motifs africains, puis des éléments figuratifs et des personnages.

La période des sorciers 1986

Dans les mois qui suivent, aux éléments africains viennent peu à peu s'ajouter des éléments chamaniques : c'est la "période des sorciers" documentée par une série de portraits imaginaires multicolores.

La période de la caverne (peintures pariétales)

Cette période commence par l'apparition sur une série de tableaux monumentaux de guerriers qui gardent des paysages imaginaires, se poursuit sur le thème de la caverne pour prendre vraiment de l'ampleur dans une série de grands tableaux ayant pour thème la peinture pariétale. Sur ces dernières toiles la matière picturale prend de l'épaisseur, aux huiles Christian de Calvairac mélange du plâtre, de la terre et du sable. Le succès n'étant pas au rendez-vous, ces tableaux s'entassent dans l'atelier de la Rue Pétion jusqu'à le rendre presque inaccessible.

La période épurée

Au foisonnement des périodes symbolique, africaine, des sorciers et de la "Caverne" succède ce qu'on pourrait appeler la période "épurée". Christian de Calvairac s'approche de la cinquantaine, c'est un moment d'introspection. Les couleurs vives disparaissent de ses tableaux, qui deviennent aussi de plus en plus épurés dans les formes. C'est du début de cette période que date la série de tableaux de grand format de type japonisant. Un autre travail très intéressant de cette époque est la série de petites toiles très fragiles peintes en couleur ocre avec application de fines structures en bois et ayant comme thème l'ombre et la lumière.

En 1999 Christian de Calvairac laisse derrière lui Paris et se retire à Sénégats, un minuscule hameau dans les montagnes du Tarn. Pour le peintre c'est le retour aux sources, loin des gesticulations de la ville. C'est à Sénégats que verront le jour les œuvres les plus significatives de la période épurée, que le peintre définit lui-même comme sa période "Zen". C'est aussi à Sénégats que s'amorcera le retour de Christian de Calvairac aux couleurs fortes et à une peinture plus figurative avec une série de portraits imaginaires et une série de nus.

Le Vietnam

En 2003 Christian de Calvairac se replonge dans la couleur et expose au centre culturel français à Hanoi. Depuis septembre 2004 il vit et travaille à Ho Chi Minh Ville. C'est dans son atelier de la métropole vietnamienne qu'il a peint "Intervalles", une série de tableaux de grand format en couleurs très vives peuplés d'éléments qui ne se touchent pas. L'exemple le plus spectaculaire de cette dernière période est certainement le tableau "sans aucun doute!", une grande toile peinte en noir et bleu cobalt, qui restitue l'essence de l'orient.


Pietro Ribi, Septembre 2005